V
ingt millions d’euros en 10 ans ! La dette de la ville augmente.
18Mars
2012
Depuis notre élection en 2008 au conseil municipal, nous portons une attention particulière à la situation financière de la ville. Nous demandons régulièrement des éclaircissements sur le niveau d’endettement, les emprunts toxiques, le prix de l’eau, les dépenses de personnel.
A chacune de nos questions, la réponse de l'équipe municipale consiste à prétendre que nous exagérons.
Or, lors du conseil municipal du 24 novembre dernier, le rapport de la Chambre Régionale des Comptes nous a été présenté. Ce rapport porte sur les années 2004-2008 et souligne les difficultés financières de la ville que nous avions signalées.
Nous sommes intervenus, de nouveau, pour regretter le manque de transparence depuis plusieurs années. La CRC met en exergue la fragilité financière de la ville, notamment, par des indicateurs tous au-delà des valeurs moyennes des communes de même strate, en particulier pour l’endettement : « l’endettement reste particulièrement élevé (1 760€ par habitant) au regard de la moyenne des communes comparables (1 060 € par habitant). L’encours de la dette s’élève à plus de 65 M€ en 2008 ».
Le budget pour l’année 2012 présente une dette pour Melun de 70 millions d’euros, soit une augmentation de 20 millions d’euros en 10 ans, ce qui équivaut à +40% !
Cette situation est le résultat de nombreuses années de gestion mal maitrisée qui place Melun dans une posture extrêmement délicate pour l’avenir.
Face aux lourds investissements votés par la majorité municipale, il est légitime de se poser la question de l’intérêt de ces dépenses :
Le musée de la gendarmerie, un projet de plus de 15 M€, est-il une priorité alors que les bords de Seine ne sont toujours pas aménagés ?
La construction d’un nouveau quartier constitué d’environ 2 000 logements, soit
5 000 habitants supplémentaires, sur la plaine de Montaigu, pour un coût d’environ 35 M€, est-elle une priorité alors que dans les quartiers existants, subsistent des difficultés pour les jeunes, les commerces, l’accueil des enfants avant et après l’école...?
Le pôle gare, d’un montant minimum de 18 M€, est-il une priorité alors que les problèmes de circulation de Melun et en particulier de l’avenue Thiers, directement impactée par ce projet, sont loin d’être résolus ?
Pour la majorité municipale, mettre en place des projets coûteux suffit à justifier l’augmentation de la dette.
Nous ne partageons ni cette analyse, ni le choix de ces investissements. Nous préférons porter un regard plus attentif et exigeant sur les dépenses de fonctionnement qui favorisent les capacités d’autofinancement et la réalisation de projets nécessaires, comme, par exemple, améliorer l’animation de la ville ou impulser la construction d’un nouveau collège à Melun sud.
